Changer ses gouttières : quel budget selon le métal et la longueur
Une gouttière se chiffre au mètre linéaire, pas au mètre carré, et c’est la première chose qui déroute quand on compare deux devis. La seconde, c’est l’écart entre les sources : du simple au double sur le PVC comme sur l’aluminium. Voici les deux relevés, et ce qui s’ajoute par dessus.

Ce qu’on change vraiment quand on change une gouttière
Trois ouvrages différents se cachent derrière le mot, et ils ne se remplacent pas au même prix.
La gouttière pendante est suspendue à des crochets sous l’égout du toit. C’est la plus simple à déposer et à reposer, la plus courante sur les pavillons de couronne, et celle dont les longueurs se calculent le plus vite.
Le chéneau est encaissé, souvent maçonné, fréquemment entre deux bâtiments mitoyens en centre ancien. Il n’a aucune sortie de secours : quand il déborde, c’est à l’intérieur. Sa reprise demande un façonnage sur place et se paie en conséquence.
La descente conduit l’eau au sol ou au réseau. Elle se chiffre séparément, au mètre linéaire aussi, et elle se bouche au coude, jamais au milieu.
Un devis sérieux annonce le linéaire de chaque ouvrage, pas un forfait « gouttières ». C’est ce qui rend deux propositions comparables.
Le prix au mètre linéaire, métal par métal
Aucun barème public ne fixe le prix d’une zinguerie en France. Les deux relevés ci-dessous viennent d’estimateurs privés, consultés le 5 août 2026, et ils se contredisent d’un facteur deux sur plusieurs métaux. Les deux sont donnés tels quels.
Le désaccord porte surtout sur le PVC et l’aluminium. Sur le zinc, les fourchettes se recouvrent bien mieux.
| Métal | abctravaux (TTC, posé) | Prix-travaux-m2 (HT, pose comprise) |
|---|---|---|
| PVC | 15 à 30 € / ml | 36 à 70 € / ml |
| Acier | 25 à 45 € / ml | 75 à 105 € / ml |
| Aluminium | 30 à 55 € / ml | 75 à 100 € / ml |
| Zinc, gouttière ou chéneau | 35 à 60 € / ml | 42 à 85 € / ml |
| Cuivre | 70 à 120 € / ml | 120 à 245 € / ml |
TVA à 10 %, et qui paie le dégorgement
Le remplacement d’une gouttière est un travail d’amélioration : sur un logement achevé depuis plus de deux ans, il relève de la TVA à 10 %. Un prix hors taxes se lit donc avec ce taux en plus, ce qui suffit à rapprocher les deux colonnes du tableau ci-dessus.
Le dégorgement des gouttières, chéneaux et descentes, lui, figure sur la liste réglementaire des réparations locatives : il est à la charge du locataire pour les parties extérieures dont il a l’usage exclusif. Le remplacement de l’ouvrage reste au propriétaire. Deux lignes, deux payeurs, et c’est le décret de 1987 qui tranche.
Les descentes, le poste qu’on découvre au devis
Une maison de plain-pied avec vingt mètres de gouttière a souvent deux descentes de trois mètres. Un immeuble de trois niveaux a le même linéaire de chéneau et douze mètres de descente, à monter sur façade.
Les relevés disponibles sont incomplets sur ce poste, et autant le dire. abctravaux ne chiffre que la fourniture : 10 à 20 € le mètre linéaire pour une descente en zinc, 7 à 15 € en aluminium, main-d’œuvre non comprise.
La pose s’ajoute donc entièrement, et elle dépend de la hauteur bien plus que de la longueur. Une descente au rez-de-chaussée se pose à l’échelle. La même en quatrième étage sur rue demande un échafaudage, dont le montage et le démontage se chiffrent de 20 à 70 € le m² selon les sources.
Dolum, qui traite la zinguerie comme un poste à part d’un chantier de couverture, retient un repère complémentaire de 10 à 30 € le mètre linéaire. Il se lit comme une ligne dans un chantier plus large, pas comme un prix de remplacement isolé.
Le métal, le sel et le soleil
Le choix ne se fait pas qu’au budget. Sur le littoral, de Sausset à La Ciotat, l’air salin attaque les fixations avant le métal lui-même : ce sont les crochets et les vis qui lâchent en premier, et des fixations en inox changent la durée de vie de l’ouvrage plus sûrement que le métal de la gouttière.
Le zinc reste la référence en centre ancien. Il se façonne sur place, il se soude, donc une portion abîmée se répare au lieu de se remplacer.
L’aluminium laqué se pose sans soudure et tient bien, mais il ne se rapièce pas : une section touchée se change entière.
Le PVC coûte le moins cher et se déforme sous l’insolation. Plein sud, ça se voit au bout de quelques étés, sous forme de ventre entre deux crochets.
Le cuivre est le plus cher et le plus durable. Sur un bâtiment protégé, il est parfois le seul métal autorisé, et cette contrainte se découvre en mairie avant le devis, pas le jour de la pose.
Ce qui s’ajoute au mètre linéaire
Le prix du tableau suppose une gouttière droite, accessible, fixée sur un support sain. Trois lignes s’ajoutent dès que ce n’est pas le cas.
- Les pièces particulières. Chaque angle, chaque naissance, chaque trop-plein se façonne. Sur un chéneau encaissé, elles font l’essentiel du temps passé, alors qu’elles pèsent peu dans le linéaire annoncé.
- Le support. Des crochets scellés dans une planche de rive attaquée ne tiendront pas une gouttière remplie d’eau. La reprise du support fait partie du chantier et doit figurer sur le devis, pas se découvrir le jour de la pose.
- Les solins attenants, quand la dépose les touche. Comptez 15 à 70 € TTC le mètre linéaire selon le matériau, du PVC en bas de fourchette au plomb en haut, et 110 à 310 € TTC pour un solin de cheminée complet.
Un chiffre instructif sur ce dernier poste : la même source publie un devis réel de remplacement de 20 mètres linéaires de solins en plomb à 1 650 € TTC, dépose et reprise d’étanchéité comprises, soit 82,50 € le mètre linéaire en conditions réelles. Le prix catalogue sous-estime la facture d’environ 20 %.
Réparer, ou remplacer
Tout ne se remplace pas. Une soudure fatiguée, un about décollé, un crochet cassé, une naissance bouchée : cela se reprend, pour une fraction du budget d’un remplacement complet.
Le remplacement s’impose dans trois cas. Le métal est piqué sur toute la longueur. La pente d’origine était fausse et ne se rattrape pas au réglage des crochets. La descente est écrasée sur une portion enterrée.
Entre les deux, une règle simple évite de payer deux fois : une reprise ponctuelle sur un ouvrage en fin de vie n’est pas une économie, elle déplace la fuite de deux mètres. Le relevé, pente mesurée au niveau, tranche mieux qu’un coup d’œil depuis le sol.
Signaler la hauteur et l’accès dès la demande fait gagner un aller-retour, et évite le supplément découvert en cours de chantier. Chantier chiffré après visite, comme toujours sur ce métier.
Selon le toit que vous avez
Pour aller au chiffrage
zinguerie et gouttières à Marseille , réparation de toiture à Marseille .
Ce qu’on demande ensuite
Pourquoi les prix de gouttière varient-ils du simple au double ?
Parce que les sources ne mesurent pas la même chose. abctravaux donne des prix toutes taxes posé, Prix-travaux-m2 des prix hors taxes pose comprise, et le désaccord persiste au delà de la seule TVA, notamment sur le PVC et l’aluminium. Le linéaire réel, le nombre d’angles et la hauteur expliquent le reste. Chantier chiffré après visite.
Zinc ou aluminium sur le littoral marseillais ?
Les deux tiennent, différemment. Le zinc se soude et se répare sur place, ce qui compte quand une portion s’abîme après un coup de mistral. L’aluminium ne se soude pas : une section touchée se remplace entièrement. Dans les deux cas, ce sont les fixations qui lâchent en premier sous l’air salin, et c’est là qu’il faut de l’inox.
Peut-on poser une gouttière neuve sur une planche de rive abîmée ?
Techniquement oui, et cela ne tiendra pas. Les crochets reprennent tout le poids de l’ouvrage rempli d’eau, et une planche attaquée ne les retient plus. La reprise du support fait donc partie du chantier. Elle doit apparaître sur le devis avec son propre prix, plutôt que d’être découverte le jour de la pose.
Une gouttière qui déborde doit-elle forcément être remplacée ?
Pas nécessairement. Trois causes reviennent et deux se corrigent sans remplacement : un bouchon dans la naissance, un trop-plein absent ou obstrué, une pente insuffisante rattrapable au réglage des crochets. Le remplacement s’impose quand le métal est piqué sur toute la longueur, ou quand la pente ne se rattrape pas sans reprendre le support.
Les fourchettes donnent l’ordre de grandeur ; seul un relevé sur le toit donne le vôtre.
Demander un devisFaites chiffrer votre toiture
Dites ce que vous constatez et où se trouve le bâtiment, une entreprise de couverture de votre secteur vous rappelle.
À lire ensuite : le prix d’une couverture en tuile au m² (4 min) , le budget d’un nettoyage de toit (5 min) .